Maisonneuve relève le défi de la grève !
Le 8 novembre dernier, lors d'une assemblée générale bien populeuse, la SOGÉÉCOM a voté d'être en grève le 10 novembre. On assistait le 9 novembre au conseil de grève et le 10, le CÉGEP était en grève.
Une assemblée générale sans équivoque
Le comité de mobilisation de la SOGÉÉCOM a poussé un grand soupir, mardi dernier, à l'issue d'un vote de grève tout de même très clair. Plus de 80 % des quelques 1400 personnes présentes lors de l'assemblée générale qui se tenait ce midi-là au gymnase du troisième étage ont voté en faveur d'une grève d'un jour, qui aurait lieu deux jours plus tard. On se souviendra de cette assemblée générale comme de l'expression d'une volonté claire des étudiantes et des étudiants du collège de Maisonneuve de faire reculer le gouvernement libéral en ce qui a trait à la hausse des frais de scolarité que celui-ci tente de leur imposer.
Il aura bien fallu un mois entier de travail acharné de la part des étudiants et étudiantes impliqués dans le comité de mobilisation afin de préparer cette assemblée générale, et c'est bien la preuve que la motivation ne manque certainement pas.
Un piquetage efficace
La grève visait avant tout à lever les cours afin de laisser le plus de gens possible aller manifester dans les rues de Montréal, répondant ainsi à l'appel des quatre grandes associations nationales étudiantes que sont l'ASSÉ, la FECQ, la FEUQ et la TaCEQ. Cependant, les étudiantes et les étudiants avaient aussi décidé de bloquer le CÉGEP dès les petites heures du matin afin de bien faire passer le message qu'une perturbation des activités de ce dernier pouvaient bel et bien avoir lieu, et que cela constitue encore un moyen de pression puissant dont disposent les étudiants et les étudiantes qui souhaitent être entendu-e-s.
Les plus hardi-e-s étaient déja sur place dés 3h 30 du matin, et malgré les maigres 8 degrés que l'on enregistrait au thermomètre aux alentours de 8h, pas moins de 250 piqueteurs et piqueteuses ont tout de même bravé les éléments pour participer à la grève. Le piquetage s'est déroulé dans le calme, à tel point qu'on a même eu le temps d'organiser des activités "funky" telles qu'une partie de loup-garou qui a réuni autour de "hot-dogs" plus de 25 grévistes !
Un peu avant le départ pour la manifestation, les piqueteurs et les piqueteuses les plus motivé-e-s ont commencé à faire klaxonner les voitures à l'intersection des rues Bourbonnière et Pierre-De-Coubertin et à scander des slogans de toutes sortes afin de se réchauffer, pendant que d'autres testaient une méthode sans doute plus efficace, bien que moins exhubérante, et qui consistait essentiellement à faire entrer sous un toit et à l'abri de la pluie et du vent le plus grand nombre de personnes possible.
Une manif époustouflante
Vers 13h, plus d'une centaine de grévistes se sont dirigés vers le métro Pie-IX avec, à leur tête, des militants et des militantes portant une grande bannière rouge sur laquelle on pouvait lire, en majuscules, les mots "Maisonneuve en grève !". Le voyage s'est déroulé dans le calme et la bonne humeur, malgré que certains fussent déjà fatigués de la grosse matinée qu'ils venaient de vivre.
Arrivés au square Émilie-Gamelin, les étudiantes et les étudiants du Collège de Maisonneuve ayant bravé la pluie maintenant bien installée ont pu joindre leurs voix à celles de dizaines de milliers d'autres étudiants et d'autres étudiantes québécois-es, venus d'aussi loin que de Gaspésie et d'Abitibi pour manifester leur mécontentement face aux politiques néo-libérales du gouvernement en place. Malgré que le contingent Maisonneuvien fut vite dissout parmi le grand groupe de marcheurs, tous et toutes ont pu s'époumonner à leur guise. Reste à espérer que le message qu'ils et qu'elles portent sera entendu et écouté.
Toutefois, en admettant même qu'il ne le serait pas, ceux et celles qui le portent sont à même de témoigner que cette grève a eu un impact majeur. Elle aura au moins permis à plusieurs de prendre conscience de la cause qu'ils et elles défendent, et elle aura aussi permis aux étudiants et aux étudiantes de vivre une expérience unique et hors du commun. Une expérience de partage, de communauté et de solidarité, trois piliers du mouvement fort qui émerge peu à peu. À tous ceux et toutes celles qui croient que la grève n'a pas d'impact, ils et elles pourront répondre par leur témoignage: la grève a toujours un effet. À nous, donc, de nous prévaloir du pouvoir qu'elle peut nous conférer.
