24 octobre 2011
La Presse
Lundi le 24 octobre 2011
Des chantiers de construction paralysés
Plusieurs chantiers de construction du Québec ont été désertés aujourd'hui par des ouvriers qui s'opposent au projet de loi 33, qui vise l'élimination du placement syndical. Les mégachantiers du Centre hospitalier de l'Université de Montréal et du chantier hydroélectrique de La Romaine sont au nombre de ceux paralysés.
Pour l'instant, il est difficile de déterminer l'ampleur de la vague de débrayages, mais le mouvement semble toucher tout le Québec.
Les manifestations coïncident avec le début de la commission sur le projet de loi 33 qui vise à retirer aux syndicats la possibilité de placer eux-mêmes leurs membres sur les chantiers. La tâche serait confiée à la Commission de la construction du Québec (CCQ), un organisme public qui relève du gouvernement du Québec. La ministre du Travail, Lise Thériault, veut ainsi mettre fin à l'intimidation qui a cours sur des chantiers et empêcher l'embauche de plus d'ouvriers que nécessaire.
À quelques heures du début des audiances, la ministre Thériault, a été menacée. Un message anonyme a été laissé sur la boîte vocale de son cabinet. «La voix d'un homme anonyme disait : on va te casser les jambes », a confirmé son attaché de presse, Charles Robert. Le dossier a immédiatement été transféré à la Sûreté du Québec.
Le message aurait été laissé cette fin de semaine. Il a été pris ce matin. «C'est la première fois que la ministre est menacée de la sorte», indique M. Robert. Il affirme que la ministre Thériault est désormais escortée par deux gardes du corps, et non un comme les autres ministres.
Chantiers bloqués et brasse-camarade
À Montréal, les travaux au Centre universitaire de l'Université de Montréal (CHUM) et du Centre hospitalier de santé McGill sont interrompus depuis la matinée. Un peu avant 7h, environ 200 travailleurs ont bloqué l'entrée du chantier du CHUM, rue Saint-Denis.
Sur la Rive-Sud, le chantier du quartier Dix-30, est également désert depuis ce matin.
À Montréal, des syndiqués ont établi leur quartier général à la salle de réception Le Rizz, angle Langelier et Jarry. Vers 9h, des centaines d'ouvriers étaient sur les lieux.
Les responsables questionnés ont indiqué qu'il s'agissait d'un mouvement «spontané». Or, la réunion dans laquelle La Presse s'est introduite semble indiquer le contraire. Au micro, un responsable a demandé à des groupes de travailleurs d'aller relever des ouvriers sur un chantier, angle René-Lévesque et Bleury. D'autres ont été dépêchés à Boucherville.
Depuis ce matin, environ 200 personnes bloquent l'entrée des bureaux de la Commission de la construction du Québec, rue Jean-Talon. Des vitrines ont été fracassées. À 10h30, des travailleurs sont entrés à l'intérieur des locaux, forçant des centaines d'employés de la CCQ à quitter les lieux.
Sur le terrain, aujourd'hui, les travailleurs sont plutôt réticents à accorder des entrevues aux médias. Sur le chantier du CHUM, le groupe d'ouvriers a refusé de commenter la situation, précisant qu'il s'agit d'un mouvement «spontané» contre le projet de loi 33. L'un d'eux nous a expliqué qu'il se «battait pour les plus jeunes». «On ne parlera pas aux médias parce qu'il n'y a rien d'organisé. Si y'a rien d'organisé, on ne sera pas mis à l'amende.» Sur ces mots, un de ses confrères a mis fin à l'entretien avec La Presse.
À la salle Le Rizz, les travailleurs se sont même montrés menaçants envers les représentants de médias.
Les travailleurs qui font la grève font partie des deux plus gros syndicats de l'industrie, soit la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) (CPQMC-I).
Le projet de loi 33 vise aussi à retirer un des deux sièges de la FTQ-Construction et un des deux sièges du CPQMC-I du conseil d'administration de la CCQ pour les donner à des plus petits syndicats.
Une aberration, a affirmé le président de la FTQ, Michel Arsenault, puisque les deux centrales «représentent 75% de l'ensemble des travailleurs du Québec».
«Je comprends très bien nos membres d'être en maudit contre cette injustice flagrante», a-t-il déclaré lors d'une entrevue avec La Presse, dimanche. «Le placement syndical existe depuis 100 ans, ce n'est pas un crime.»
Hier, la ministre Thériault a prévenu que les syndicats qui paralysent illégalement les chantiers s'exposent à des amendes pouvant atteindre 70 000$ par jour. Pour celle-ci, il n'est toutefois pas question d'une loi spéciale pour forcer le retour au travail. «Ce serait vraiment prématuré.»
De son côté, le Conseil du patronat du Québec déplore que les perturbations sur les chantiers entraînent des coûts importants pour les donneurs d'ouvrage. L'organisme demande aux associations syndicales de faire valoir leurs préoccupations lors des consultations à l'Assemblée nationale.
Les centrales syndicales n'ont pas réagit aujourd'hui.
___________________________________________________________
Québec créera 15 000 places en garderie d'ici 2016
Québec annonce la création de 15 000 nouvelles places en service de garde, la totalité en installation, c'est-à-dire en Centre de la petite enfance (CPE) ou en garderies subventionnées.
Bien que 4300 places sur les 18 000 promises en 2008 n'aient pas encore vu le jour, la ministre de la Famille, Yolande James, a promis que ces 15 000 places seraient livrées entre 2012 et 2016.
Mme James a d'ailleurs refusé de donner un échéancier pour la création de ces 4300 places qui tardent à se concrétiser, se contentant d'indiquer que le rythme de création du ministère de situait autour de 5000 places par année.
La répartition des 15 000 nouvelles places a déjà été déterminée et ce sont les couronnes sud et nord de Montréal -la Montérégie (3659 places), les Laurentides et Lanaudière (3285 places)- qui recevront le plus grand nombre de places, en corrélation avec les pressions démographiques que connaissent ces régions. Cependant, les régions de Montréal (1990 places), de Québec (1485), de Chaudière-Appalaches (866 places) et de l'Outaouais (628 places) auront également des ajouts importants.
Une fois ces places créées, ce sont 235 000 enfants québécois qui fréquenteront un service de garde subventionné.
Mme James a expliqué en conférence de presse que les groupes intéressés auront jusqu'au 24 février pour présenter leur projet, afin de leur donner amplement de temps pour bien ficeler tous les éléments. Selon elle, un manque de préparation dans plusieurs dossiers explique les retards relativement aux nouvelles places annoncées en 2008.
Par ailleurs, la répartition de ces nouvelles places sera de 65 pour cent en CPE et 35 pour cent en garderies privées subventionnées.
Cette proportion a soulevé l'ire du président de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), Sylvain Lévesque, qui a fait valoir que Québec aurait eu tout à gagner de se tourner davantage vers le secteur privé.
Selon M. Lévesque, les garderies privées ont toujours réussi à réaliser leurs projets à l'intérieur de six mois alors que, sur les 6000 places prévues en CPE dans l'annonce de 2008, plus de 4000 restent à réaliser trois ans plus tard.
De plus, le président de l'AGPQ fait valoir qu'en période de compressions budgétaires, Québec aurait eu tout avantage à en demander davantage au secteur privé où il est établi qu'il en coûte 20 pour cent de moins pour une place en installation qu'en CPE.
Les étudiants financeront 98% de la hausse des prêts et bourses, selon la FEUQ
L'augmentation des prêts et bourses décrétée pour pallier la hausse des droits de scolarité sera défrayée par les étudiants, déplore la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Le mouvement étudiant soutient que, loin d'augmenter sa contribution, le gouvernement Charest réduira sa participation au régime d'aide financière aux études.
La Presse a obtenu copie d'une analyse de la FEUQ sur le financement du programme d'aide financière aux études réalisée à la suite de la hausse des droits de scolarité décrétée dans le dernier budget. Ses auteurs taillent en pièce les promesses du gouvernement Charest qui s'était engagé à hausser de 118 millions le programme de prêts et bourses accordés aux étudiants à faible revenu afin de maintenir l'accessibilité aux études universitaires.
«Pseudo-bonification»
«Cette pseudo-bonification est assumée directement par les étudiants universitaires, puisque sur les 118 millions, 116 proviennent des étudiants, soit une proportion de 98%», a calculé la FEUQ dans son analyse qui sera rendue publique aujourd'hui.
Selon les données tirées du dernier budget, la part du provincial à l'aide financière diminuera considérablement d'ici six ans. Alors que Québec payait tout près de la moitié de la facture en 2009-2010, sa contribution sera d'à peine 7,4% lors de l'année scolaire 2017-2018, selon les calculs de la FEUQ. Le mouvement étudiant évalue même que la contribution fédérale au programme dépassera celle du provincial dès l'an prochain.
Alors que leurs droits de scolarité passeront de 2168$ actuellement à 3793$ dans six ans, le mouvement estime que les étudiants défrayeront à eux seuls près des deux tiers du programme d'aide financière aux études. «L'accessibilité, ce sont les étudiants qui devront se la payer», déplore la FEUQ.
Désengagement de Québec
Pour illustrer le désengagement provincial, le mouvement étudiant indique que le gouvernement fédéral a créé un nouveau programme de bourses pour lequel le Québec reçoit une compensation de plus de 70 millions par année. Or, le gouvernement provincial n'a pas augmenté d'autant l'aide financière aux études, selon la FEUQ, faisant ainsi baisser sa contribution au programme.
Cette sortie survient alors que la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a présenté hier les mesures pour assurer l'accessibilité aux études. Le gouvernement entend notamment maintenir le montant maximal des prêts. Des bourses viendront plutôt compenser la hausse des droits de scolarité qui augmenteront de 325$ par année jusqu'en 2017.
Le PC reçoit plus de dons maximaux que les autres partis
Les conservateurs se targuent d'avoir trouvé, dans les petits dons, la recette à succès du financement de parti, mais une récente analyse démontre qu'ils peuvent surtout compter sur le plus grand nombre de donateurs versant le montant maximal.
Un examen des contributions politiques effectué par La Presse Canadienne révèle que le Parti conservateur a engrangé plus de dons maximaux de 1100 $ par année que tout autre parti fédéral.
Quelque 12 000 personnes ont ainsi versé cette somme maximale aux conservateurs depuis 2007, ajoutant plus de 13 millions $ aux coffres du parti.
Du côté des libéraux, ils ont été 7500 à en faire autant, tandis que pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), ce chiffre baisse à 1700. Le Parti libéral a ainsi empoché environ 10 millions $ et les néo-démocrates, plus de 2 millions $.
Élaborer des stratégies pour afficher une performance semblable à celle des conservateurs sera la principale tâche des partis de l'opposition au cours des prochaines années. Le parti de Stephen Harper, majoritaire aux Communes, s'affaire désormais à respecter sa promesse électorale de couper les subventions aux partis. Cette politique du deux dollars versés aux partis par vote reçu était la mère nourricière des politiques fédérales depuis 2004.
Dès l'an prochain, cette subvention sera réduite à 1,50 $, avant de descendre à 1 $ en 2013 et à 50 cents en 2014. La prochaine fois que les Canadiens seront appelés aux urnes, la subvention sera totalement abolie.
Les conservateurs avaient par ailleurs rabaissé à 1100 $ les dons permis à titre personnel, une somme qui avait été fixée à 5000 $ par le passé.
Certains ont suggéré que le plafond du don individuel pourrait être rehaussé à nouveau une fois la subvention par vote éliminée.
Une étude menée en 2010 par le conseiller conservateur de longue date Tom Flanagan et le spécialiste des sondages David Coletto avait toutefois conclu que le fait d'utiliser tout autre méthode alternative de financement ne remplacerait qu'une fraction de l'argent.
«Les données canadiennes démontrent que l'augmentation de la limite des dons par personne n'aurait qu'un faible impact positif», écrivait-on dans l'étude.
«Le fait d'annuler les indemnités contraindra les partis de façon définitive, et pourrait les forcer à limiter leurs activités de campagne électorale», indiquait-on également.
Les conservateurs sont ceux qui ont perdu le plus d'argent en abolissant les subventions, mais l'impact sera nettement plus sévère auprès du NPD et du Parti libéral. En 2010, la subvention était quasi-égale à la somme d'argent amassée grâce aux dons.
L'étude de MM Flanagan et Coletto avertit cependant les détracteurs de cette politique d'abolition des indemnités, qui clament que cela affaiblira tout parti politique.
«Tous doivent se rappeler qu'ils étaient capables de se débrouiller avec des sommes d'argent beaucoup plus modestes avant 2004», notent-ils.
La Presse Canadienne a mené cette étude à partir des données fournies par les partis à Élections Canada. Seuls les dons individuels de 200 $ ou plus apparaissaient sous la colonne des contributions politiques affichées sur le site Web d'Élections Canada. Les détails sur les dons individuels inférieurs à cette somme ne sont pas affichés, mais sont incluent dans les documents annuels des partis.
Le Devoir
Lundi le 24 octobre 2011
Vers une vraie enquête publique
Jean Charest pousse plus loin sa volte-face en donnant carte blanche à la juge Charbonneau
Québec — La juge France Charbonneau pourra transformer sa commission restreinte en une véritable commission d'enquête publique soumise à la loi prévue à cet effet, et ce, sans condition et à n'importe quel moment.
C'est ce qu'a indiqué, hier, le premier ministre Jean Charest, lors d'une conférence de presse tenue au terme du 31e congrès du Parti libéral du Québec. «On va répondre aux demandes de Mme la juge Charbonneau. Si elle pense que ce véhicule-là [la Loi sur les commissions d'enquête] est le véhicule, le moyen, la technique qu'il lui faut pour faire son travail, elle en formulera la demande. Moi, je ne vois pas pourquoi on lui refuserait», a-t-il déclaré. Le gouvernement ne lui imposera aucune condition et ne lui imposera pas de période de temps avant qu'elle puisse faire sa demande, a-t-il ajouté.
Dans son discours devant les militants libéraux vendredi soir, Jean Charest a fait volte-face en permettant à la juge Charbonneau d'obtenir, à sa demande, le pouvoir de contraindre des personnes à témoigner malgré les limites du décret adopté mercredi par le gouvernement. Avec la contrainte vient l'immunité qui sera accordée aux témoins. Jean Charest est allé plus loin hier: elle pourra réclamer que sa commission soit régie par la Loi sur les commissions d'enquête qui confère, en outre, l'immunité à tous les commissaires et le droit d'exiger la production de documents.
De même, ce sera à la juge Charbonneau de déterminer quel sujet pourra faire l'objet de séances publiques, y compris les liens entre l'industrie de la construction et le financement des partis politiques, a précisé Jean Charest.
Même s'il pourrait y avoir des contradictions entre la commission dont les travaux sont soumis aux règles du décret (absence de pouvoir de contraindre à témoigner et d'immunité accordée aux témoins) et une commission qui est régie par la Loi sur les commissions d'enquête, le gouvernement n'a aucune intention de modifier le décret comme le réclame l'opposition. Hier, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a rejeté cette avenue.
Jean-Marc Fournier s'attend à ce que la commissaire Charbonneau commence par accomplir sa tâche dans les limites du décret et du mandat qui lui a été confié. Ce n'est que plus tard, une fois ce travail terminé, qu'elle pourrait faire une demande pour obtenir les vrais pouvoirs d'une commission d'enquête. «Elle a son mandat qui a été accepté mercredi. Vous le connaissez: il est dans le décret. Elle va recueillir des témoignages avec les pouvoirs qui lui sont reconnus», a fait valoir Jean-Marc Fournier dans un point de presse. Lorsqu'elle interrogera à huis clos des témoins volontaires, dans les limites du décret, elle pourra collaborer avec l'Unité permanente anticorruption avec «un agenda un peu unifié», selon l'expression employée par le ministre. Mais quand elle interrogera des témoins sous contrainte, elle devra ériger «un mur coupe-feu» entre la commission et les forces policières afin de ne pas contaminer la preuve, a expliqué Jean-Marc Fournier.
Selon le scénario envisagé par le gouvernement, la juge Charbonneau, en vertu du décret, entendrait dans un premier temps des témoins qui ne jouissent pas de l'immunité. Si, en cours de route, elle demandait les pouvoirs que lui confère la Loi sur les commissions d'enquête, elle entendrait des témoins qui seraient protégés par l'immunité. Ainsi, comparaîtraient devant la commissaire deux classes de témoins avec des droits différents.
Dans son discours de clôture devant les militants, Jean Charest s'est dit déterminé à poursuivre son travail tout en évoquant un programme, centré sur le Plan Nord, pour la prochaine décennie. «On n'est pas lâcheurs», a-t-il lancé.
En conférence de presse, Jean Charest s'est dit prêt à continuer afin de porter les projets qu'il a amorcés. «Il faut compléter le travail qui est commencé», a-t-il dit. Le chef libéral a reconnu que s'entamait la période préélectorale. «C'est un cycle. Nous célébrerons le 8 décembre le troisième anniversaire de notre élection et nous nous dirigeons inévitablement vers une campagne électorale. Quand? Franchement, je ne sais pas.»
Rebuffade pour Line Beauchamp
En séance plénière du congrès, les délégués libéraux ont infligé une rebuffade à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp. Ils ont refusé d'entériner une proposition qui préconisait d'accorder plus d'autonomie aux écoles et de réduire de moitié le budget de fonctionnement des commissions scolaires, soit 300 millions étalés sur une période de trois ans. Anticipant le congrès, Line Beauchamp avait fait l'annonce de cette mesure jeudi. C'est à la suite de l'intervention d'un militant qui occupe le poste de commissaire dans une commission scolaire anglophone de la région de Montréal que la proposition fut renvoyée pour étude à la commission politique du PLQ malgré l'intervention de son président, Saul Polo, et du président du groupe de travail sur l'éducation, l'ex-député adéquiste Simon-Pierre Diamond.
La ministre a minimisé sa déconvenue. «J'entends ça comme un appel comme quoi il faut arrêter que les décisions déboulent de Québec.» Elle s'est engagée à montrer de la souplesse tout en réitérant son objectif de réduire la bureaucratie et d'accorder plus d'autonomie aux écoles.
Des garderies à 10 $
Les militants libéraux ont adopté une proposition pour augmenter graduellement, dès la première année d'un prochain mandat libéral, le tarif de garderie de 7 $ par jour pour qu'il représente 20 % du coût du service, comme c'était le cas lors de la création du programme des garderies à 5 $. Le tarif serait donc porté à 10 $ et il serait indexé par la suite.
Tout en rappelant que l'engagement du gouvernement était de maintenir le tarif de 7 $ pour la durée du présent mandat, la ministre de la Famille, Yolande James, n'a pas voulu révéler sa position sur cette question, si elle en avait une. Par contre, le ministre des Finances, Raymond Bachand, est en faveur d'une telle hausse. «C'est ce qui est conforme à ce que je fais comme ministre des Finances», a-t-il dit, que ce soit pour les droits de scolarité, la taxe sur l'essence, les cotisations à la Régie des rentes du Québec. Cela évite les chocs tarifaires «mais il faut que ça se fasse graduellement», a-t-il dit.
Enfin, les militants ont adopté samedi une proposition pour modifier le Code du travail afin de moderniser la notion de briseur de grève pour tenir compte du travail à distance et des nouvelles techniques de communication. Inspirée par les longs lock-out au Journal de Québec et au Journal de Montréal, cette proposition, qui ne figurait pas dans le cahier préparé par la commission politique du parti, émane de sa Commission-Jeunesse.
Montréal regroupe ses approvisionnements
Après les services d'embauche, c'est au tour des services de l'approvisionnement à la Ville de Montréal de faire l'objet d'un regroupement. L'administration de Gérald Tremblay affirme que cette opération pourrait générer des économies pouvant atteindre 40 millions de dollars d'ici la fin de 2015.
Chaque année, les achats effectués par l'ensemble des services de la ville centre et des 19 arrondissements totalisent 1,5 milliard. À l'heure actuelle, plus de 850 personnes à la Ville sont habilitées à remplir des bons de commande.
Estimant que cet éparpillement nuit à une gestion efficace des inventaires et ne permet pas de profiter des économies découlant d'achats groupés, le comité exécutif a entériné, mercredi, l'adoption d'une nouvelle politique d'approvisionnement. Il s'agit là d'une question de «bonne gestion des fonds publics», a fait valoir hier le président du comité exécutif, Michael Applebaum.
Cette politique entrera en vigueur lorsque le conseil municipal l'aura entérinée. La Ville évalue qu'elle pourrait réaliser des économies de 3,25 à 5,75 millions à compter de 2012, économies qui augmenteraient graduellement jusqu'à atteindre plus de 12 millions en 2015, pour un total de 30 à 40 millions en quatre ans.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, est loin d'être convaincu que ce regroupement sera aussi avantageux que le laisse entendre l'administration Tremblay. En mai dernier, son parti avait voté contre la création d'un guichet unique pour l'embauche et les élus de Projet Montréal comptent faire de même lundi prochain lorsque le conseil municipal devra se prononcer sur le projet touchant l'approvisionnement.
Les économies invoquées pour justifier ce regroupement n'impressionnent pas le chef de la deuxième opposition, qui rappelle que les fusions municipales devaient elles aussi générer des économies d'échelle. À titre d'exemple, il cite le cas du contrat de téléphonie centralisée qui, en matière de gestion administrative, est loin d'avoir donné des résultats probants, selon lui.
Les achats étant déjà regroupés dans les arrondissements de l'ex-ville de Montréal, les changements affecteront essentiellement les arrondissements des ex-villes de banlieue, a indiqué M. Bergeron, qui s'attend à ce que des élus d'Union Montréal s'opposent au projet.
________________________________________________________
Union européenne - Ottawa défend les sables bitumineux
Ottawa — Le Canada a prévenu hier l'Union européenne qu'il n'hésiterait pas à s'adresser à l'Organisation mondiale du commerce si les sables bitumineux albertains continuent de faire l'objet de discrimination. Le Canada s'oppose à ce que le pétrole brut issu des sables soit étiqueté plus polluant que les autres pétroles bruts et soit, du coup, pénalisé financièrement.
Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, a adressé hier une lettre musclée à son homologue de l'Union européenne, le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger.
«Toute mesure de mise en oeuvre proposée qui donne lieu à un traitement particulier, plus onéreux pour le brut extrait des sables bitumineux par rapport aux autres bruts qui ont une intensité en gaz à effet de serre [GES] comparable, voire supérieure, est discriminatoire et risque d'enfreindre les obligations commerciales internationales de l'Union européenne», écrit M. Oliver.
À l'origine de cette longue lettre se trouve la Directive européenne sur la qualité des carburants. Cette directive a pour objectif de réduire de 6 % d'ici 2020 par rapport à 2010 l'empreinte carbone des carburants fossiles utilisés en Europe. Au début du mois d'octobre, la Commission européenne a décrété qu'aux fins de calcul de cette directive, le pétrole provenant des sables bitumineux serait considéré comme 22,2 % plus polluant que le pétrole brut provenant d'autres sources.
Plus cher, voire illégal
Plus précisément, ils se verront attribuer une valeur par défaut de GES de 107 grammes d'équivalent CO2 par mégajoule (CO2 eq/MJ), alors que la valeur par défaut du pétrole brut est d'environ 87,5 grammes CO2 eq/MJ. Cette nouvelle valeur pour les sables bitumineux reflète les dégâts qu'ils engendrent à l'étape de l'extraction. D'autres carburants non traditionnels ont été frappés par cette proposition, comme le schiste bitumineux et le charbon liquéfié.
Cette étiquette aura pour conséquence de rendre plus cher le commerce des sables bitumineux en Europe, voire illégal. Une majorité de pays membres de l'Union européenne doit approuver cette mesure d'ici janvier pour qu'elle ait force de loi.
Le ministre canadien y voit une forme de discrimination. «La mesure de mise en oeuvre proposée affirme que le brut extrait des sables bitumineux devrait être traité séparément des autres sources de brut parce que c'est une "matière première" différente, écrit encore M. Oliver. Il n'existe aucune source scientifique crédible qui particularise les sables bitumineux en tant que "matière première distincte" et une telle classification n'a aucun rapport avec l'intensité en GES du brut — le pétrole brut lourd, c'est du pétrole brut lourd.» Le ministre soutient que les émissions de ce pétrole et ses particularités chimiques sont «semblables».
Steven Guilbeault, d'Équiterre, rétorque que le ministre a tout faux. «Il n'y a aucun fondement à ce que soutient le ministre. Toutes les études, incluant une commandée par l'Union européenne à l'Université Stanford, concluent que le pétrole des sables bitumineux est au moins 20 % plus polluant que les autres. D'autres études disent que c'est beaucoup plus que ça. [...] Ou bien le ministre ne sait pas de quoi il parle, ou bien il nous ment.»
Il rappelle que les pétroles sont tous différents, au contraire, et qu'on sait par exemple que le pétrole du Venezuela, parce que plus lourd, est plus polluant que celui du Moyen-Orient.
Toutefois, le ministre Oliver va plus loin en soutenant que le Canada est victime de sa transparence. Il soutient que les autres pétroles bruts provenant d'autres pays sont aussi polluants, mais que cette information est cachée. «Ce ne sont pas toutes les sources de pétrole brut qui fournissent la même qualité de données et la même transparence, et les pays qui ne fournissent pas ces renseignements sont réputés avoir de faibles émissions de GES. [...] Nous nous opposons donc au fait d'être traités moins favorablement que les autres sources de pétrole brut parce que l'industrie canadienne fournit des données plus détaillées sur les émissions provenant des sables bitumineux.»
Pétrole éthique
Dans sa lettre, M. Oliver ne nomme pas les pays auxquels il fait référence, mais, en entrevue avec le National Post il y a trois semaines, il avait cité la Russie et le Nigeria. Joe Oliver revient en outre à la charge avec cette idée que le pétrole canadien est éthique par rapport à d'autres pétroles et qu'il serait insensé d'en pénaliser le commerce. «Le Canada est un fournisseur pétrolier stable, fiable, démocratique et écologiquement responsable dans un marché mondial qui, autrement, serait soumis à toutes sortes de risques et d'incertitudes.»
Le ministre termine sa lettre en indiquant que «le Canada n'hésitera pas à défendre ses intérêts» si l'Europe s'entête à mettre en oeuvre des «mesures injustifiées et discriminatoires». Il s'agit d'une menace à peine voilée de s'adresser à l'Organisation mondiale du commerce pour obtenir le droit d'exercer des représailles économiques en retour contre l'Europe.
Ce débat est essentiellement une question d'image, car le Canada ne vend à peu près pas de pétrole issu des sables bitumineux à l'Europe. La majorité de sa production exportée est destinée aux États-Unis. Mais le Canada mène une vaste campagne de charme au sud de sa frontière pour faire accepter la construction du pipeline Keystone XL vers le Texas. La présidence doit encore donner son aval d'ici la fin de l'année.
«Occupons Montréal» veut durer
Les organisateurs du mouvement «Occupons Montréal» affirment que l'initiative gagne en popularité et que le nombre de manifestants devrait continuer à augmenter de façon significative.
Le petit campement réunissant plusieurs tentes plantées dans le square Victoria a visiblement pris de l'expansion, et les organisateurs s'attendent avoir encore plus de citoyens au cours de la prochaine semaine.
Un véritable village de près de 200 tentes a vu le jour depuis une semaine, alors que les «indignés» ont installé des génératrices et une petite bibliothèque. Ils ont également accès à Internet, et une petite équipe s'assure de préparer des repas chauds deux fois par jour.
Les manifestants affirment qu'ils sont déterminés à occuper le square Victoria pendant encore plusieurs semaines, malgré le temps froid qui approche à grands pas. «Nous avons maintenant l'occasion de se lever debout [sic] et de participer», a indiqué hier Lambert Guimond, un Montréalais de 47 ans présent depuis le début de la manifestation.
Ce dernier estime que beaucoup de gens ont profité de l'occasion offerte par «Occupons Montréal».
«C'est facile d'encourager par le regard à la télévision, mais là c'est le temps de se lever debout et de participer parce que le mouvement ne s'arrêtera pas, a-t-il dit. Nous allons passer l'hiver dehors même s'il fera très froid.»
Mouvement mondial
Des plus jeunes font aussi partie des «indignés» au square Victoria. Comme Marc-Antoine Marcoux, âgé de 20 ans, qui étudie au cégep à Montréal, ils sont préoccupés par leur avenir.
«Là, nous sommes écoeurés, a dit l'étudiant. Les gens ne croyaient pas assez au changement dans le passé, mais là, ça va être différent. Ce n'est pas un mouvement qui a l'intention d'arrêter.»
De son côté, le Service de police de la ville de Montréal s'assure de demeurer aux alentours du campement. Selon un porte-parole, Dany Richer, tout se déroule rondement. Les policiers n'ont pas eu à intervenir.
«Occupons Montréal» découle d'un mouvement mondial qui a vu le jour en Espagne avant d'essaimer dans plusieurs autres lieux, dont Wall Street, à New York. Les manifestants dénoncent le système financier actuel qui favorise une classe élite au détriment du reste de la population.
Éducation - Le financement au rendement ne passera pas
Si les commissions scolaires sont ouvertes à réformer leur structure pour donner plus de pouvoir aux écoles, elles s'opposent toutefois vivement au financement selon le rendement, une idée qui fait partie des propositions qui sont débattues au congrès du Parti libéral en fin de semaine. Selon Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), ce serait une «erreur dévastatrice» que les économies créées — par des compressions de 300 millions sur trois ans de leurs budgets — soient redistribuées aux écoles qui atteignent les objectifs fixés.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a pour sa part déclaré la guerre à toutes ces propositions qu'appuie la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp. La refonte est inutile, croit la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Manon Bernard. «Dans plusieurs cas, la majorité des budgets sont décentralisés dans les établissements, c'est déjà comme ça que ça existe. Il n'y a rien de nouveau, alors pourquoi ces changements? Si c'est pour des raisons économiques qu'on se le dise, mais qu'on ne tente pas de nous faire croire que c'est pour améliorer le système d'éducation», a-t-elle soutenu. «Ce qui se dégage de tout ça, c'est une vision axée sur la performance, point à la ligne!» Réjean Parent, de la CSQ, croit que la nouvelle structure appelée «coop de services» que veut créer la ministre est une «coquille vide». «On n'abolit pas, mais on rend ça inopérant», a-t-il dit.
Selon la présidente de l'Association des commissions scolaires anglophones, Debbie Horrocks, les directeurs d'école anglophones, à la différence des francophones, s'accommodent bien de leur commission scolaire. «Les directions veulent faire de la pédagogie et pas de la paperasse», a-t-elle rappelé.
Inverser la pyramide
Pour Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement et membre de la Coalition pour l'avenir du Québec de François Legault, cette intention de la ministre doit être saluée. «On ne peut pas être en désaccord avec quelque chose qu'on prône depuis des années, mais notre préoccupation est de savoir où ira l'argent. Est-ce que le 50 % qui sera coupé servira à réduire la dette du Québec? On ne peut pas accepter ça», a-t-elle indiqué.
Même si la proposition de la ministre ne correspond pas en tout point à celle de la Coalition, Mme Longpré se félicite d'avoir contribué à nourrir cette intention de la ministre Beauchamp.
Celle-ci se défend d'être en «mode réaction». «J'ai dit [aux commissions scolaires] que je serai exigeante. Ma prédécesseure Michelle Courchesne avait même formé un comité de travail pour lutter contre la bureaucratie», a-t-elle dit au Devoir. Elle refuse de conclure à un échec des commissions scolaires. «C'est un changement de culture qu'on propose. Je ne traduirais pas ça par de la mauvaise gestion.»
La FSCQ a par ailleurs dévoilé hier son plan d'action pour plus d'efficacité annoncé en août. Il comprend notamment des mesures pour simplifier l'administration et alléger les structures, accroître l'autonomie des écoles et faire participer davantage la communauté pour redonner un sens à la démocratie scolaire.
Assemblée constituante - Ruée vers les bureaux de vote en Tunisie
Tunis — Jour J. Neuf mois après le renversement de Zine el-Abidine Ben Ali, les Tunisiens, pionniers du printemps arabe, ont afflué hier dans les bureaux de vote pour élire démocratiquement une assemblée constituante. Le taux de participation a été supérieur à 90 %, a fait savoir l'Instance supérieure indépendante des élections (ISIE).
À travers le pays, des files d'attente de plusieurs centaines de mètres se sont formées devant les bureaux de vote dès le début de la matinée, avec un niveau d'intérêt des électeurs inégalé sous le règne de Zine el-Abidine Ben Ali. C'est notamment le cas à Sidi Bouzid, berceau de la «révolution du jasmin» dans le centre-ouest du pays.
Pour la mère de Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui a déclenché la «révolution du jasmin» en s'immolant par le feu le 17 décembre, «ces élections sont une victoire pour mon fils qui est mort pour défendre la dignité et la liberté».
Devant son bureau de vote, Najib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP) en 1983 et l'un des rares opposants à être restés en Tunisie malgré les intimidations et le harcèlement du régime de Ben Ali, se disait prêt à attendre toute la journée si nécessaire pour accomplir son devoir électoral. «C'est le jour le plus heureux de l'histoire de la Tunisie. C'est une célébration de la démocratie», s'enthousiasme-t-il.
«J'espère que les gens qui vont gouverner garderont ce message à l'esprit et témoigneront de la considération à l'égard de tous les Tunisiens, y compris les pauvres», a poursuivi Manoubia Bouazizi, dans une interview accordée à Reuters.
Le scrutin doit accoucher d'une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Il va aussi entraîner la formation d'un gouvernement intérimaire dans l'attente d'élections législatives et présidentielle.
Ennahda favori
Les islamistes du parti Ennahda (Renaissance) sont les favoris de ce scrutin, dont le déroulement et les résultats seront observés avec attention dans le reste de la région emportée par les soubresauts du «printemps des peuples arabes».
La communauté internationale suit aussi attentivement ces élections, qui pourraient fournir une indication des développements à attendre dans les bouleversements en cours dans le monde arabe.
«C'est un jour historique», a dit Rachid Ghannouchi, chef de file islamiste rentré en Tunisie après 22 ans d'exil en Grande-Bretagne pour conduire Ennahda aux urnes. «La Tunisie naît aujourd'hui, le printemps arabe naît aujourd'hui», a-t-il ajouté après avoir voté, accompagné de sa femme et de leur fille, toutes deux voilées.
Interdit sous Ben Ali, Ennahda devrait arriver en tête, mais le parti islamiste de Rachid Ghannouchi ne devrait toutefois pas obtenir de majorité au sein de la future assemblée, ce qui le contraindrait à chercher des partenaires de coalition.
Sa tâche ne devrait pas être aisée face au front uni que vont tenter de former ses multiples adversaires, tels que le PDP, soucieux de préserver les valeurs laïques de la Tunisie.
Ennahda s'est employé durant la campagne à dissiper les craintes du camp laïque et des pays occidentaux. Il présente plusieurs candidates, dont l'une ne porte pas le voile islamique, et il s'est engagé à respecter les droits des femmes.
Durant la période postcoloniale, la Tunisie s'est distinguée par sa volonté de créer une société qui ne soit pas fondée sur des principes religieux. La polygamie a été interdite, les femmes ont obtenu le droit de vote et l'égalité en matière d'héritage, et le port du voile a été découragé.
Lors d'un dernier meeting de campagne vendredi, Souad Abdel-Rahim, la candidate non voilée du parti, a répété que sa formation préserverait les acquis des femmes. Mais, une grande partie des ouvrages vendus en marge de ce rassemblement étaient cependant l'oeuvre d'auteurs salafistes prônant une séparation entre les hommes et les femmes dans l'espace public et condamnant les élections comme contraires aux principes de l'islam.
Au Canada, le taux de participation à l'élection de l'assemblée constituante tunisienne a atteint 56 %, selon les chiffres officiels et définitifs communiqués hier par l'instance indépendante supérieure des élections (ISIE) à Montréal.
Plus de 6000 personnes se sont déplacées dans les deux bureaux de vote installés dans les locaux diplomatiques tunisiens à Ottawa et Montréal, sur les 11 000 détenteurs du droit de vote. «C'était un moment très émouvant. Il y a des gens qui ont attendu trois à quatre heures parfois avant de voter, sans être fâchés», a raconté à l'AFP Sonia Djelidi, l'une des organisatrices du scrutin à Montréal qui a assisté au vote. «Certaines personnes d'une soixantaine d'années et plus votaient pour la première fois», a ajouté Mme Djelidi.
Les premiers résultats devraient tomber dans le courant de la journée d'aujourd'hui, au plus tôt.
